
Avel Lab
Démontrer et développer
le potentiel des navires à propulsion vélique
comme supports opérationnels au service
d’une science décarbonée




Ce projet est lauréat du Fonds Vert 2025.
Naviguer vers une océanographie décarbonée
Réduire l’empreinte environnementale des campagnes océanographiques sans compromettre la qualité des données : c’est l’objectif du projet Avel Lab. En s’appuyant sur un voilier de travail de petit tonnage et sur leurs expertises respectives, la coopérative Skravik et la Flotte océanographique française expérimentent l’océanographie à la voile durant quarante-deux jours de campagnes en conditions réelles.
Le catamaran de travail Morskoul, propriété de la coopérative Skravik en cours de modernisation en collaboration avec les ingénieurs de la Flotte océanographique française, accueillera les campagnes scientifiques pour le projet Avel Lab en 2026.
Crédit Mathieu Dupont
POUR UNE OCÉANOGRAPHIE OPÉRATIONNELLE
AU SERVICE D’UNE SCIENCE DÉCARBONÉE
De 2023 à 2025, l’IR* Flotte océanographique française a mené un exercice de prospective avec le concours de la communauté scientifique. Ce travail était particulièrement motivé par la volonté de réduire ses émissions de gaz à effet de serre (GES). Parmi les pistes identifiées, l’utilisation de la propulsion vélique a retenu l’attention. L’empreinte carbone des missions océanographiques s’en trouverait réduite tout en garantissant leur fiabilité scientifique.
“La conception de voiliers capable de rivaliser avec les capacités scientifiques des navires océanographiques de la FOF est un vrai défi, en collaborant avec des acteurs engagés comme la coopérative Skravik, nous allons concrétiser cette ambition.”
Maximilien Simon, Adjoint au directeur de la Flotte océanographique française
UN PROCESSUS CONTINU D’ESSAIS ET D’ADAPTATION
Le projet Avel Lab vise à faire progresser la conception de navires océanographiques à voile comme complémentaire aux navires à propulsion thermique existants, en les évaluant dans des configurations variées et pour différentes disciplines scientifiques, au cours de 42 jours de campagne.
Une approche qui repose sur un processus continu d’essais et d’adaptations, de mise en œuvre de différents protocoles, conduite en collaboration étroite avec les équipes de Skravik, la Flotte océanographique française et les équipes scientifiques embarquées, afin que les évolutions du navire répondent aux besoins de la recherche en mer.
Au cours de cette expérimentation, le projet Avel Lab permettra de définir et de partager un ensemble de repères concrets sur les capacités scientifiques et techniques du navire Morskoul. Ces repères serviront de référence pour la future utilisation de navires océanographiques à propulsion vélique de petit tonnage, et leur potentielle intégration aux moyens de la Flotte océanographique française.
Le projet contribuera également à établir une filière et essaimer ces pratiques, en créant des dynamiques territoriales et en encourageant d’autres armements vers une approche analogue. Plus concrètement, ces effets seront documentés par une thèse CIFRE qui s’attachera à comprendre les dynamiques de l’utilisation de navires océanographiques et les conditions de développement d’une océanographie à la voile, notamment les transformations sociétales induites par ces nouveaux usages de la mer.
DES MÉTHODES ROBUSTES
En réduisant drastiquement les émissions de gaz à effet de serre des campagnes, la propulsion vélique, particulièrement vertueuse, concilie recherche scientifique et respect de l’environnement. Et ses atouts ne s’arrêtent pas là : l’utilisation d’une propulsion à voile peut améliorer la qualité de certaines mesures (prélèvements chimiques et biologiques, enregistrements acoustiques), tandis que sa polyvalence pour accéder aux zones côtières et hauturières et la stabilité d’un catamaran élargissent le champ des possibles pour les missions. Enfin, une navigation plus silencieuse et moins vibrante favorise de nouveaux protocoles au contact d’espèces marines telles que les oiseaux marins et les cétacés.
Cependant, il n’existe pas actuellement de voilier en capacité de réaliser la même diversité d’opérations océanographiques que les navires de la Flotte océanographique française. En effet, ces navires ont la particularité d’effectuer une grande diversité d’opérations à la mer : mesures en continu, prélèvements et analyses biogéochimiques, acquisition acoustique (sondeurs), déploiement et récupération d’engin, prélèvements sédimentaires, support base pour les plongeurs…. L’intégration de ces différentes capacités opérationnelles sur un navire à voile requière une évaluation progressive et rigoureuse enrichit d’itérations avec les usagers de ces navires que sont les équipes scientifiques embarquées.



Laura Troudet et Charles Caby, marins de la coopérative Skravik, manipulent des instruments d’échantillonnage à l’aide d’une potence qui sera prochainement augmentée d’une perche basculante, pour répondre aux besoins des scientifiques dans le cadre du projet Avel Lab.
UNE DÉMARCHE
COLLABORATIVE
La Flotte océanographique française sillonne les mers du monde pour mieux connaître et protéger l’océan, de la côte au large, et de la surface jusqu’aux abysses. Cette très grande infrastructure de recherche, labellisée IR* par le ministère de la Recherche, répond aux grands enjeux actuels en sciences et technologies marines.
Dotée de dix-sept navires et de six engins sous-marins, elle sert les intérêts de la communauté scientifique française et européenne et contribue à l’excellence de la recherche fondamentale et appliquée.
Ensemble, au travers du projet Avel Lab, Skravik et la Flotte océanographique française mettent à l’essai en conditions réelles l’adaptation du navire aux besoins de la communauté scientifique. Cette démarche collaborative permet d’évaluer concrètement le potentiel de la propulsion vélique à faible empreinte environnementale au service de la recherche en mer, tout en maintenant un haut niveau d’exigence sur la qualité des données collectées.
“Depuis plusieurs années, nous développons des solutions pour mettre la voile au service des activités professionnelles en mer. Le partenariat avec la Flotte océanographique française nous permet d’aller plus loin, en démontrant que des voiliers de travail peuvent répondre aux exigences de la recherche scientifique et contribuer à l’évolution du métier de marin sur des navires à faible impact environnemental.”
Laura Troudet, Directrice générale de la coopérative Skravik
MORSKOUL UN VOILIER DE TRAVAIL ADAPTÉ À L’OCÉANOGRAPHIE
Morskoul – signifie fou de Bassan en breton – est un catamaran hauturier de 15 mètres. Ce navire robuste est adapté pour affronter des conditions difficiles : vents dépassant 8 Beaufort et vagues de plus de 4 mètres. Voir plus de détails sur ce lien.
L’armement Skravik a progressivement adapté le navire aux besoins de la communauté scientifique. Ces évolutions seront, au besoin, enrichies au fil des campagnes, en intégrant les retours d’expérience. Le navire est aujourd’hui équipé de plusieurs dispositifs permettant la réalisation d’opérations scientifiques en mer :
- un portique et un treuil pour le déploiement et la récupération d’instruments,
- une potence polyvalente (perche basculante) pour des acquisitions et prélèvements spécifiques,
- des systèmes embarqués dédiés à l’acquisition et la transmission des données.
CALENDRIER
| Étape | Date |
| Émission de l’appel à manifestation d’intérêt (AMI) | 20 novembre 2025 |
| 1ère phase de candidatures | Jusqu’au 31 janvier 2026 |
| 2ème phase de candidatures | Jusqu’au 31 mars 2026 (encore ouvertes) |
| Période des campagnes | Du printemps à l’automne 2026 |
L’appel à manifestation est ouvert jusqu’au 31 mars 2026 :